Comment le GPS d'un téléphone marche en mer
Un téléphone moderne ne se contente pas du GPS américain. Il capte simultanément quatre constellations satellites : GPS (USA), GLONASS (Russie), Galileo (Europe) et BeiDou (Chine). Soit une trentaine de satellites visibles en moyenne, contre une dizaine avec le GPS seul. Plus de satellites = meilleure précision, meilleure fiabilité, fixation plus rapide.
En mer ouverte, c'est l'environnement idéal pour la réception GPS : pas de bâtiment, pas de relief, ciel dégagé. La précision atteint typiquement 3 à 5 mètres en conditions normales. Le téléphone se cale en quelques secondes au démarrage si une fixation récente existe (« hot start »), et en 30 secondes à 2 minutes si le téléphone n'a pas vu le ciel depuis longtemps (« cold start »).
Le récepteur GPS est passif : il reçoit des signaux émis par les satellites, il n'émet rien. Cela signifie deux choses utiles :
- Le GPS fonctionne même en mode avion, sans abonnement, sans réseau cellulaire.
- Le tracking ne révèle pas votre position à un tiers tant qu'aucune connexion réseau ne transmet activement la donnée.
La précision réelle : ce qu'on a, ce qu'on n'a pas
Trois nuances à connaître pour ne pas se tromper.
Précision horizontale typique : 3 à 5 mètres
En mer ouverte, ciel dégagé, multi-constellation activée, on obtient 3 à 5 mètres de précision horizontale. C'est largement suffisant pour la navigation voile, où le mètre près n'a aucune utilité pratique (vous ne vous amarrez pas à un piquet précis à 10 milles).
Précision dégradée près des obstacles
Au mouillage sous une falaise haute, à quai entre deux bateaux métalliques, sous une antenne radar puissante, la précision peut tomber à 10-15 mètres voire plus. Le téléphone reçoit alors moins de satellites, ou des signaux réfléchis qui faussent le calcul. En navigation au large, c'est invisible. À 10 mètres près sur un rayon de mouillage, c'est juste une question de bon sens.
Précision verticale plus faible
L'altitude GPS est moins précise que la position horizontale : typiquement 5 à 10 mètres d'erreur. Pour la voile, ce n'est pas un sujet (l'altitude est zéro). Pour l'aviation ou la randonnée en montagne, oui.
Vitesse instantanée vs vitesse moyenne
La vitesse instantanée affichée par le téléphone est calculée par le récepteur GPS lui-même, avec une précision typique de 0,1 à 0,3 nœud. La vitesse moyenne (sur une nav) est calculée a posteriori sur la trace, et elle est très précise. Le SOG (Speed Over Ground) du téléphone est utilisable directement pour la nav, sans correction.
Consommation batterie : les vrais chiffres
C'est la question qui revient le plus souvent. Voici les ordres de grandeur observés sur téléphone récent (iPhone 14+, Samsung Galaxy S22+) avec une app optimisée :
| Mode | Consommation horaire | Autonomie depuis 100 % |
|---|---|---|
| Tracking GPS continu, écran allumé | 5 à 10 % / heure | 10 à 20 heures |
| Tracking GPS continu, écran éteint | 2 à 5 % / heure | 20 à 50 heures |
| Tracking toutes les 30 s, écran éteint, app en arrière-plan | 1 à 3 % / heure | 30 à 100 heures |
Conclusion pratique : un téléphone seul, sans alimentation, tient une nav d'un jour confortablement, tient deux jours avec un peu de prudence (écran éteint, fréquence d'enregistrement à 30 s), et ne tient pas trois jours sans recharge.
La solution la plus simple : alimentation 12 V câblée au poste de quart, en USB-C ou USB-A selon le téléphone. Pour 30 euros de matériel et 30 minutes d'installation, le téléphone reste chargé en permanence et le tracking peut tourner indéfiniment. C'est l'investissement le plus rentable du bord pour qui veut tracker ses navs.
Optimisations côté app
Une app bien conçue minimise la consommation par trois moyens :
- Tracking en arrière-plan : l'app continue à enregistrer la trace alors que l'écran est éteint et qu'on utilise le téléphone pour autre chose (ou qu'il est verrouillé).
- Fréquence adaptative : ralentir l'enregistrement quand le bateau ne bouge pas (au mouillage), accélérer quand il bouge.
- Batch-write : grouper les écritures de positions pour économiser les cycles de stockage.
Le mode offline : ce qui marche, ce qui peut casser
Le GPS marche partout, indépendant du réseau. Ce qui peut ne pas marcher en mer hors couverture, c'est ce qui dépend du réseau :
Ce qui marche toujours offline
- Acquisition de la position GPS (passive, indépendante du réseau)
- Enregistrement de la trace dans l'app (stockage local)
- Affichage des cartes si elles ont été préchargées avant le départ
- Toutes les fonctions de saisie du journal (quart, météo observée, voiles, équipage)
Ce qui peut casser offline
- Affichage des cartes à la demande (si l'app charge les tuiles depuis un serveur en ligne)
- Météo en temps réel (BMS, GRIB) si non préchargée
- Synchro entre les comptes équipage
- Recherche d'adresses, points d'intérêt à la demande
La règle absolue : offline-first
Choisir une app dont l'architecture est offline-first signifie que tout fonctionne en local par défaut, et que le réseau ne fait qu'enrichir. Pas d'écran blanc en mer hors couverture, pas de fonctionnalité bloquée. C'est la différence entre une app qui marche à terre dans le café et une app qui marche au large.
Quelle fréquence d'enregistrement choisir
La fréquence d'enregistrement (combien de positions par minute) influence la qualité de la trace, le stockage et la consommation batterie.
- 1 position toutes les 10 secondes : trace très fluide, stockage important (1 nav de 24 h = 8 640 points), bonne pour la course ou l'analyse fine.
- 1 position toutes les 30 secondes (recommandé pour la croisière) : trace lisse, stockage raisonnable (2 880 points / 24 h), précision suffisante pour toute analyse a posteriori.
- 1 position toutes les 60 secondes : trace acceptable mais coupe les virements de bord serrés, à réserver aux nav longues sans manœuvres fines.
- Fréquence adaptative : la meilleure approche, l'app accélère ou ralentit selon la vitesse et le changement de cap.
Téléphone, tablette ou GPS dédié
Téléphone
Le plus accessible, déjà dans la poche. Petit écran, mais GPS multi-constellation excellent. Idéal pour la nav côtière, pour le skipper en solo, pour le co-skipper qui complète le journal depuis le pont. Limite : écran trop petit pour la carto en main libre.
Tablette
Le compromis optimal pour la croisière. Grand écran lisible au soleil (modèles à 1000+ nits), GPS souvent légèrement moins précis que le téléphone (sauf modèles haut de gamme), bonne autonomie si alimentée. Permet l'usage carto + journal simultané. Solution la plus répandue sur les voiliers de croisière modernes.
GPS dédié
Pour les bateaux pro, la course de haut niveau, ou les redondances matérielles exigées par certaines courses océaniques. Intégration NMEA avec les autres instruments. Plus cher, plus spécialisé, plus durable. Pas indispensable en croisière de plaisance mais reste un standard pour les usages exigeants.
Comment Ekynavy gère le tracking
- Multi-constellation : exploitation des 4 systèmes satellites (GPS + GLONASS + Galileo + BeiDou) pour la meilleure précision et fiabilité.
- Tracking en arrière-plan : la nav continue à s'enregistrer même quand l'app est en arrière-plan ou que l'écran est éteint, sur iOS comme sur Android.
- Fréquence adaptative : positions toutes les 10 à 30 secondes selon la vitesse et les manœuvres, optimisée pour la voile.
- Offline-first : cartes préchargées avant le départ, météo GRIB stockée en local, journal 100 % fonctionnel hors réseau. Synchro automatique au retour de la couverture.
- Consommation maîtrisée : 2 à 4 % de batterie par heure en mode standard, compatible avec une nav d'un jour sans alimentation.
- Compatible NMEA WiFi : pour les bateaux équipés d'un réseau NMEA WiFi, l'app complète les données GPS du téléphone avec celles du multifonction (cap compas, vitesse loch, profondeur). Configuration self-service en 3 étapes.